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Gaston CHAISSAC, un agité du bocage à Villapourçon, de 1926 à février 1937 |
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C'est à l'occasion d'une petite manifestation sur le thème de la vie quotidienne autrefois, hameau des Marceaux commune de Villapourçon le dimanche 13 août 2000, qu'une ancienne photographie de classe prêtée par Monique Laudet met en évidence " la fille du cordonnier Chaissac ". Immédiatement les instigateurs de cette fête réussie au-delà des espérances (cf. l'article de Jacques Juventy, secrétaire de l'Académie du Morvan, dans le journal du centre du jeudi 26 octobre 2000), se font collecteurs de mémoire et entreprennent des recherches documentaires concernant la vie en Morvan du triple artiste qu'est Gaston Chaissac. Les pistes sont nombreuses. Il y a bien sûr l'exposition parisienne qui se tient à la galerie nationale du Jeu de Paume depuis le 11 juillet et jusqu'au 29 octobre 2000 (prolongations jusqu'au 12 novembre) mais aussi le témoignage des habitants : Marceline, Marinette, Yolande, Jacqueline, Jean-Marie, Roger, Suzanne et les autres, qui ont connu ce jeune homme déjà original. Sont légion les documents publiés et inédits dont notamment les lettres qu'il a adressées ici et là et qui évoquent sa vie de célibataire dans le bocage morvandiau avant qu'avec son épouse institutrice laïque il ne partage celle plus publique des vendéens. Finalement, il y a Annie Chaissac, la fille du peintre, qui avec gentillesse et amusement a bien voulu correspondre avec nous avant qu'elle n'entreprenne, accompagnée de Nadia, sa fille sociologue, un retour aux sources. Ce sera l'occasion de réparer un oubli et d'honorer cet autre morvandiau célèbre. L'an dernier le musée des Beaux -Arts de Dijon n'a-t-il pas révélé au public la période Chassy de Balthus, notre collègue enseignant Philippe Berthe-Langereau n'a-t-il pas mis en lumière Corot et ses séjours à Lormes et à St André en Morvan dans le n°74 de la Camosine " annales des pays nivernais " et bientôt ne pourrons-nous pas évoquer le séjour de Vasarely en exode à 10 km de Villapourçon ? |
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Le 13 août 1910 à 17h30... Gaston Chaissac naît au n°1 rue de Paris à Avallon. Chaissac est donc un pur produit morvandiau. Son père Jean (cordonnier ambulant) qui a voulu cet enfant pour prouver sa mâlinité... et sa mère Claudine, Henriette Breuil, originaires de Corrèze, tiennent un atelier de cordonnerie et ont déjà 3 enfants :
En 1923, il quitte l'école qu'il n'aime guère et devient marmiton 6 mois au Chapeau Rouge d'Avallon puis pendant 11 mois il travaille chez un quincaillier et 13 mois chez un bourrelier. Quand G.Chaissac
a 16 ans, la famille arrive à Villapourçon car son père "intempérant,
peu courageux, bègue, bavard et anar ", les a abandonnés en 1915 pour
être mobilisé à Gray où il finira ses jours. Les gens appellent le jeune homme "angle droit" car il traverse la place en changeant plusieurs fois de direction à 90°. Plus tard, dans Hippobosque au bocage, G.Chaissac raconte une fiction concernant l'angle droit tout à fait surprenante : "...L'angle droit fut retrouvé un lundi matin à l'ombre des platanes de la grande place. Ce mystère n'est pas encore éclairci et l'homme au nœud de papillon qui a les yeux ronds est chargé de l'enquête " Il met du temps à apprécier ce coin de campagne. Il s'y promène seul en forêt, il s'occupe du jardin du docteur Champetier de l'époque, poète à ses heures qui, avec le secrétaire du député M.Grosjean, est le principal animateur de la fête druidique du Beuvray. Avec Marinette Janvier qu'il croise souvent, il parle de musique classique et chante "Louise" de G.Charpentier. Il rencontre le vieux père Gaby (à moins que ce soit Goby) à l'étang de Seu (l'étang du sureau) et discute avec lui de livres exotiques et d'histoires scatologiques "... quelqu'un... se délectait de Saint Honoré après l'avoir installé dans le propre(...) derrière de sa moitié". Ce père Gaby, connu pour être un vieil original, surnommé contre son gré "le gris", a son cercueil en permanence derrière sa porte aux Marguillier. A Villapourçon, Chaissac apprend l'accordéon et le solfège, dévore des livres essentiellement des romans à l'eau de rose achetés chez Léontine Pauchard épicière (maison actuelle de Many Lequin). En I929, il entreprend son premier voyage pour se faire soigner à Paris institut Durville. Il prétend souffrir toute sa vie d'asthénie chronique. Son dossier médical comporte le diagnostic " artiste "... Il fait ensuite de nombreux allers-retours Paris-Villapourçon. En 1931, sa mère meurt, sa soeur se marie. C'est Chaissac qui déclare en mairie le décès de sa mère. Il est très perturbé car toute sa vie Chaissac cherche le père qui lui fait défaut (un père passe... et manque) et ne trouve que des mères de substitution En 1932, il participe et fait gagner la commune à une fête druidique au Beuvray. C'est depuis cette date que son mysticisme fluctue puisqu'il se prétend successivement druidiste, chrétien bouffeur de dignitaires de l'église catholique romaine tout en reconnaissant que son "cœur est resté terriblement calotin ", bouddhiste, à nouveau druidiste puis chrétien de l'église russe de rite byzantin enfin il prétend créer sa propre religion. Pendant 30 ans avec Camille, ils sont abonnés et lisent cet excellent hebdomadaire satirique qu'est le Canard enchaîné, véritable institution démocratique, antimilitariste et anticléricale. En 1933, il est exempté contre son gré du service militaire au conseil de révision de Moulins (Engilbert 58 ou d'Allier 03 ?) En 1934, il rejoint son frère Roger devenu brigadier de police à Paris qui lui ouvre une échoppe de cordonnier. Chaissac n'a guère de clientèle. Il quitte sa famille parisienne et est contraint de se réfugier en février 1937 à la maison départementale de Nanterre qui accueille clochards, chômeurs, infirmes, etc. En 1938, du 1er avril au 11 mai, il fréquente le sanatorium La Musse à Arnières (près d'Evreux). En mai 1939, il s'installe au sanatorium de Clairevivre en Dordogne en convalescence jusqu'au 30 avril 1942. Il s'attache à cacher sa tuberculose fibreuse. En 1940 à Noël, il fait connaissance puis se fiance avec une institutrice Camille Guibert n'ayant exercé que 6 mois et étant détachée pour tuberculose depuis 6 ans. A Clairvivre, il devient chef d'atelier de la cordonnerie. Il passe à Sarrazac chez une cousine avant de rejoindre Juliette Roche et Albert Gleizes (peintre) à St Rémy de Provence (cf. " ma chambre à St Rémy de Provence "... où il travaille aussi chez leur bourrelier de mai à octobre 1942). Le 26 décembre 1942, après quelques difficultés administratives (passage en zone occupée à Vix en Vendée... Chaissac n'écrit pas sur les guerres qu'il a vécues peu ou prou 14-18, 39-44, l'Indochine et l'Algérie) il parvient à se marier. 3 jours plus tard, Camille met au monde leur fille Annie (aujourd'hui Annie Raison-Chaissac, agricultrice en Vendée avec qui nous avons téléphoniquement sympathisé) et qui ne peut être le personnage de la photo évoqué dans le propos liminaire. D'ailleurs la jeune fille se prénommait Maria. Elle est la fille de Roger en pension à Villapourçon. C'est Camille qui gagne l'argent du ménage et Gaston qui s'occupe assez mal des tâches ménagères. Ils vivent d'abord dans la belle-famille à Vix. Annie Chaissac nous dit que souvent dans les couples avec un artiste, c'est l'autre membre qui assure la subsistance de la famille. Physiquement et psychologiquement, Camille décrit très bien son époux "le corps réagit violemment à tout... il mange comme un sauvage affamé, se vêt à la diable et galope à travers champs comme un fou, peint et écrit comme un enragé jusqu'à épuisement, enfin toujours les nerfs surmenés et il s'étonne ensuite de ne pas se sentir vivre... il vit en somme dans un état d'auto-excitation qui va à l'encontre du but. Pas étonnant après ça que les digestions soient mauvaises, que l'hypocondrie s'ensuive et un semblant de neurasthénie ". Chaissac dit de lui " j'ai une réputation bien établie d'excentrique, et même de fou, de bon à rien, d'incapable, d'oisif, d'imbécile, de méchant " Ils s'installent le 27 septembre 1943, route de Dampierre (actuellement 19 rue de la Vendée) à Boulogne en Vendée. Son épouse y est nommée institutrice. Chaissac y apprécie l'esprit de la population. En septembre 48, elle change de poste pour St Florence de l'Oie. Là, Chaissac abhorre l'entourage " rétrograde et goguenard " et notamment un curé sectaire (n'est-ce pas le propre de cette fonction de prosélyte ? ndlr). En 1956, il voyage à Vence, Nice où il pense se suicider après avoir vu une œuvre de Matisse. C'est en août 61 qu'ils reviennent à Vix à cause d'une nouvelle nomination de son épouse. L'installation dans une maison qu'ils acquièrent et équipent est difficile. Les rapports avec son épouse se détériorent pendant que Renée Bouillier, critique d'Art, achète une résidence secondaire à Vix et l'entoure de sollicitude. Il meurt hémiplégique à l'hôpital de La Roche sur Yon le 7 novembre 1964, ses obsèques ont lieu le 10. Il est enterré civilement à Vix. Camille le rejoint en 1980 à 69 ans. |
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Atelier "Le Mur"
Jeanne dans son atelier
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Bien que certains voient dans les œuvres de Chaissac beaucoup de mystification, sa production picturale de 1938 à 1964 est du plus grand intérêt. Reconnues sur le tard, ses créations ne doivent pas grand chose à son passage à Villapourçon (quoique.. " danse du galvacher maudit "). Classé contre son gré chez les représentants de l'art brut, de l'art autre, chez les naïfs, les psychopathologiques, les surréalistes, les primitifs, etc. (il se préfère " peintre rustique moderne "). 31. " Chais-sac à malices" n'est pas un autodidacte authentique.Il est initié au dessin très tôt par la même professeur improvisée que sa sœur et Dubuffet (en vacances à Arcy sur Cure) : la petite châtelaine Melle de Guignepied de St More. Celle-ci méprise la gomme et privilégie l'imprévu. A partir de 1937, hébergé chez son frère, 38 rue Denfert-Rochereau (actuellement 38, rue Henri Barbusse), il fait la connaissance du peintre juif allemand honni par le nazisme Otto Freundlich et sa compagne Jeanne Kosnick-Kloss qui habitent le même immeuble. Ils le cultivent à l'art moderne et l'incitent à peindre dans l'Académie de peinture Le Mur dirigée par Jeanne. C'est effectivement de cette époque que datent ses premiers tableaux et ses visites au Louvre. 3.2. Le style Chaissaquien ou Chaissacien.Il existe indubitablement un style " puzzle ", à la limite entre le figuratif et l'abstrait, faussement puérile et automatique, sans esquisse, instinctif, reconnaissable à première vue, un style " à la diable " " à la hussarde ". Dans ses lettres, Il explique ses façons originales de créer et certains de ses emprunts notamment aux dessins enfantins d'Anne Croué, de Robert Tramontin, Lucien Tuillion, Mériot, Cherriau, G.Chorette, L. Laudis, Jacques l'angelolâtre, etc. "l'action de peindre des tableaux est un enfantillage et un peintre ne fait par conséquent jamais trop enfantin pour être véridique et si pour peindre on y met trop de sérieux des grandes personnes, ce n'est plus qu'un simulacre de la chose" Il est aussi influencé par d'autres artistes contemporains. Du coup, on l'appelle Picasso de bidonville, ou du bocage, Paul Klee spontané, Dubuffet en sabots. Il est marqué par les cubistes, par Braque et Matisse mais il a influencé bon nombre d'artistes : Alechinsky, Baselitz, Combas... La manière. Il n'a jamais utilisé de chevalet, il travaille quelques fois verticalement et plus souvent horizontalement. Il peint ses bonhommes à l'envers, les yeux fermés, avec la bouche, avec des poids aux poignets (œuvres signées Yvon le baugueur voire avec " sa queue bandante "... alors que son œuvre est reconnue pour être chaste, cf. pourtant " le lapin malade " " Diogène sacrifiant à Onan "). Il privilégie le cerne noir " Je ne suis pas de ceux pour qui le noir est macabre ", le bonhomme cloisonné, le portrait et les masques sans détails avec un regard bien typé, les monstres, les serpents, " les nains de forêt "), graffitis cf. " les géants des murailles ", totems en planches mal équarries (dosses), collages. Il soigne les remplissages, crée une véritable typologie des traits, des associations colorées qui doivent beaucoup à la loi des contrastes simultanés de Chevreul. Les matières. Tous les supports (en deux dimensions, toutes sortes de papiers : journaux, peints, calques, magazines, affiches déchirées, emballages et en trois D : vaisselle inutilisable, rebuts en fer blanc, objets rouillés, pierres, coquilles, épluchures de courges, bidons métalliques, outils de jardin, culs de paniers, souches, etc.) et toutes les techniques (plume, gouaches, pastels, Ripolin, Onyx marker, collages, empreintes de serpillière, bouse de vache, sculptures cuites en charbon de bois ou avec des souches d'arbres). 3.3. Ses rapports avec les galeristessont compliqués, contradictoires et la célébrité ne vient qu'à partir de 1947. Il préfère les expositions collectives aux expositions personnelles. Parmi les premières, il convient de citer celles de Paris (salon des indépendants de 1940, 1944 et 1945), celle de La Roche sur Yon en 1947 au musée municipal, celles des Sur Indépendants aux Sables d'Olonne en 1954, à nouveau à Paris à la Galerie Iris Clert en 1961 mais aussi en 1962, 1963, également en 1962 à Vence, Paris, La Rochelle, Niort, Venise, Saint Jean de Monts, Florence, à St Etienne en 1964, la rétrospective du Musée de l'abbaye de St-Croix en 1966 et en 1976, en 1967 et en 1974 au musée des Beaux -Arts de Nantes, etc. Pour les secondes, il faut signaler les expositions de Paris en 1938 (galerie Gerbo), en 1943 (maison des intellectuels), en 1947 (galerie l'Arc-en-ciel), en 1969 et 76 (galerie Messine), en 1973 au musée d'Art moderne, de Nantes en 1947, I949, 1957, 1961, 1963, 1965, de Milan en 1961, 1962, 1963, 1970 (galerie Pagani), à New York en 1964, à Lyon en 1968, en 1969 à Cologne et Berlin, Genève en 1970, Zurich en 1971, 81 et 84, à Nice en 1975, aux Sables d'Olonne en 1978, Arras en 1980, à Colmar en 1985, à Martigny en 1986, etc. C'est aux Sables d'Olonne, musée de l'abbaye de St Croix (Chaissac en a tant peint) qu'il faut aller à la rencontre de cet artiste immense dont la côte est bien orientée malgré l'absence d'œuvres majeures dans les salles : 3.300 000F en 1992 en Angleterre et 9000F à Paris en 1998 pour des personnages de 98x63 et de15x12. |
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Quand Chaissac ne peut plus voir ses œuvres en peinture, il écrit. 41. Des lettres,sans trop se préoccuper
du destinataire (des célébrités : Dubuffet, Paulhan, Queneau, Lhote, Bloc,
Maeght, des habitants des campagnes fréquentées et des gens choisis par
hasard dans l'annuaire). Il ne se préoccupe pas plus de l'agencement des idées (contradictions, digressions triviales fréquentes, sujets redondants : comme le travail des enfants, les exactions du catholicisme, l'esprit des propriétaires agricoles, la vie des valets de ferme qu'il aurait pu être, les œuvres de peintres régionalistes (Marboeuf, Gallichard, Ponce, Simon) ou celles des maîtres internationaux : Un grand d'Espagne : Picasso, ses œuvres: les souches, les sculptures en charbon de bois, les masques, les peintures, les empreintes de détritus, les assemblages en épluchures de courges, etc. En vingt cinq ans, à la moyenne de 4 lettres par jour souvent illustrées d'un poème ou d'un dessin, c'est environ 35000 lettres que Chaissac a écrites et malheureusement beaucoup ont disparu parce que, comme Marceline le dit, "ça n'avait ni queue, ni tête". Chaissac passe du coq à l'âne sans vergogne, par pudeur ou pour faire passer la pilule. Ces lettres et ses poèmes sont d'une tristesse ou d'un humour déroutant et restent un sujet d'étude aujourd'hui presque plus prisé que sa peinture. Lui même préfère être reconnu plutôt comme littérateur que comme peintre. Certaines de ses lettres sont corrigées et réunies par Dubuffet, Paulhan et Queneau en 1951 dans "L'Hippobosque du bocag " (allusion... à son patronyme d'écrivain Hippolyte hippobosca qui vient du nom d'une mouche qui vit sur les chevaux, l'hippobosca... "la mouche du coche" qu'il serait en tant qu'écrivain). Beaucoup de critiques ont comparé son travail d'écrivain-peintre ou de peintre-écrivain. Les ressemblances sont nombreuses. 42. Ces écritssont publiés dans les cahiers de la Pléiade en 1948, Chaissac collabore à la Nouvelle Revue Française, écrit " les petits contes du tailleur de cuir " dans la revue Maintenant. Ses poèmes sont publiés dans diverses revues telles que " La tour du feu " de P.Boujut. Rimes, rythmes originaux, phrases jolies sans véritable sens, prose poétique, traits d'union nombreux en sont les caractéristiques formelles. 43. Ce qui nous intéresse,c'est de trouver des inédits qui concernent Villapourçon comme la lettre et le poème adressés à André Marceau boulanger au Bourg et à ses fils (cf. reproduction ci-après) ou de relever tout ce qui concerne ce coin du haut Morvan sud dans des lettres déjà publiées (allusions aux Derangère maires, aux institutrices, Lemaire, Lelong et Derangère " le long de l'école les élèves dérangèrent le maître ", à la fête druidique du Beuvray, aux bruits de la Bie qui coule sous leur logement à la poste, aux galvachers, au mont Geniève, aux discussions avec le père Gaby, au fameux abbé Monteillet qui fut aussi bouilleur de cru (qui l'eut cru), etc. |
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5.1. A l'intersection de ces deux talents,un peu comme Apollinaire et curieusement sans erreur d'orthographe Chaissac a dessiné et écrit plusieurs portraits " calligrammés ", plusieurs personnages aux écritures. 5.2. La série des pseudonymesdont il s'affuble ou dont on l'affuble est en soi un sujet d'étude et une façon de peindre ou dessiner l'écrit : Chaissac de l'hippobosca, Gaston Chaissac Yonais (85) de l'Yonne (89), Gaston,Georges, François, Chaissac, le petit savetier culotté en velours côtelé, le strapasson, le barde de la tanchère, Gaston Chaissac qui peint des tableaux qui n'ont pas de succès en Normandie, Gilles de fienteron, Yvon le baugueur, Joséphine Julakus, Grand prêtre de la toupée morte, valétudinaire orfèvre en vieux cuir et gaudineur de l'école des laids arts, Minotaure, cul-de-sac, vieille cloche, chie dans l'sac, cordonnier in partibus, Gaston Chaissac du Breuil de Laterrache de Soursac, Gaston Chaissac cousu main et grand choix d'idées contradictoires, Gaston Chaissac qui est habillé comme un valet au dire de sa propre fille, Gaston Chaissac l'Auvergnat, Gaston Chaissac de Bidonville, Gaston Chaissac de bidon campagne, Gaston des Chaissac, Le fumiste, Picasso en sabots, Chiassac, Gastounet, Plante vivace, Gaston Chaissac d'Isba ma foi, Chaissac l'avalonnais, Chaissac érésiotologue, Chaissac fabricant de laissés pour compte, Chaissac faiseur de laissés pour compte, Chaissac de la (nouvelle) NRF, Cul de sac qui peint avec de la bouse de vache, Chaissac correspondant de merdre, Chaissac peintre rustique moderne, Chaissac le logogriphe, le petit Chaissac, Gaston Chaissac l'auteur de l'art pète ... du fasciste endetté, Chaissac de l'école des laids arts, Gaston trop Chaissac d'une barrière apprivoisée, Gaston Chaissac de Sainte Florence, Gaston Chaissac dit le Picasso en chaudron, Gaston Chaissac exportateur de chocolats à Vix en Vendée, Gaston Chaissac de Saint Hyppolite, Chaissac le cordonnier boycotté, Tristin le cubain, Tintin le Javanais, Chaissac le barde de la tant chère..., Chaissac le soldat malade, Chaissac auteur du lupanar de la tante Brigitte qui mit du beurre dans les épinard, Chaissac auteur du mari de Mme Aphrodite, Chaissac l'auteur d'une prière à St François, Gaston Chaissac de derrière les champs, Gastounet de St Flour du Breuil d'Avallon, Gaston Chaissac dit le Picasso en chaudron, le gentleman pictore, asthénique, plumé, radié et chocolat, le Gaston Chaissac néo frère auteur des vers-20 ans à bouffer du plancton dans le secteur des sirènes, Chaissac le peint pierre, le laisser-aller des éliminés, le Morvandiau en blouses boquines, etc. |
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...orthographe chaissaquienne douteuse. Adolescent il chante près de filles (cf. témoignage de Marinette ci-dessus) et en société. Plus tard il chante dans un arrosoir le répertoire scolaire. Il ne connaît pas suffisamment le solfège pour se dire accordéoniste mais jouant d'oreille il se prétend musicien accordéonneux. A la fin de sa vie, il se vantera de ses improvisations sur l'harmonium que Dubuffet a offert à Camille. A Dubuffet il fera une lettre toute théorique sur les bruits et les sons. |
Voilà Gaston CHAISSAC encore trop méconnu en Morvan, qu'il nous plaît de conter et de compter parmi les allogènes éclairés ou les indigènes éteints de Villapourçon (à moins que ce ne soit l'inverse).
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01/11/2000, |